Varanasi, bienvenue dans l'une des plus anciennes villes du monde du 21 au 28 dec
 
  
     

Varanasi, bienvenue dans l'une des plus anciennes villes du monde du 21 au 28 dec

Varanasi, Inde le 28/12/2016

Varanasi, bienvenue dans l'une des plus anciennes villes du monde du 21 au 28 dec

Ici pas de forteresse spectaculaire, peu de monument passionnant mais une ambiance comme nulle part ailleurs. Varanasi a toujours été le plus grand lieu sacré pour les hindous, comme le Vatican pour les catholiques, ou la Mecque pour les musulmans. C'est pour les croyants le point de rencontre du monde physique et du monde spirituel. Pour un voyageur c'est l'occasion de découvrir la puissance de la religion sur les modes de vie et de pensées des hindous. Chaque année, 3 ou 4 millions de pèlerins (plus de 60000 par jour) viennent effectuer leurs ablutions rituelles dans le Gange pour se décrasser l'âme, les eaux du fleuve étant censées laver tous les péchés accumulés au cour d'une vie. Mais ce n'est pas tout : ici plus qu'ailleurs, la mort est présente, elle fait partie de la vie. Et pour cause, les hindous viennent y mourir en masse car se faire incinérer à Varanasi c'est en finir avec le cycle des réincarnations et atteindre sur le champ "la mokcha", (équivalant du paradis).

Nous voilà donc dans le cœur palpitant de l'hindouisme !

Il va nous être difficile de vous restituer l'ambiance qu'il règne ici, tellement c'est surréaliste et si particulier, pour nous occidentaux... Mais nous allons commencer par vous décrire un peu la vieille ville.

 

La vieille ville, un labyrinthe où il fait bon s'y perdre

La vieille ville se compose de très nombreuses toutes petites ruelles, sombres et tortueuses, où l'on se perd en un instant. On trouve des temples à chaque coin de rue, beaucoup de andiants, de pèlerins, mais aussi des chien errants, quelques chèvres, des singes, des buffles et surtout des vaches. Elles sont énormes et leurs cornes sont immenses. Quand on croise l'une d'elle dans une minuscule ruelle on ne fait pas les fières et c'est souvent elle qui gagne, en nous obligeant à faire demi-tour afin d'emprunter un autre itinéraire. Et qui dit vache, dit bouses de vaches ! Ici, elles sont partout, alors on fait bien attention où on met les pieds afin de ne pas glisser.

C'est aussi dans ces ruelles que l'on croise des hommes revenir de leur bain rituel dans le Gange car ne l'oublions pas, la star incontestée de Varanasi, c'est le Gange, ce fleuve sacré où l'on vient purifier son corps et libérer son âme. C'est devant lui que se passe les grandes cérémonies du soir et les crémations. Tous les matins des milliers de pèlerins viennent se laver et laver leur linge dans ses eaux. Regarder un peu les étendages géants qu'on a pu voir le long du Gange, hallucinant. Dans les ruelles on croise également des hommes, portant sur un brancard en bambou, le corps d'un membre de leur famille jusqu'au fleuve pour la crémation. Ils crient haut et fort des prières à destination des eaux sacrés.

En s'éloignant un peu des ruelles nous nous baladons au milieu du marché où des dizaines de vendeurs, assis sur leur couverture, sont entassés les uns sur les autres. Les tuk tuk et les scooters essaient tant bien que mal de se frayer un chemin au milieu des centaines de gens qui envahissent les rues.

Bien entendu les vaches ne sont pas absentes de ce paysage urbain. Si l'une d'entre elles a décidé d'occuper le milieu de la rue, les tuk tuk auront beau klaxonner, c'est peine perdue. Elles sont ici chez elles. N'inversons pas les rôles, dans les villes indiennes l'homme semble parfois n'être qu'un invité dans un territoire déjà conquis par les bovins.

 

Les cérémonies

Chaque soir des milliers de fidèles se réunissent devant le Gange afin d'assister à une des cérémonies religieuses quotidiennes animées par plusieurs officiants. Ils utilisent divers objets : le feu, des plumes, etc... afin d'honorer les dieux et le Gange. Plusieurs soirs nous allons nous installer au milieu des fidèles et assistons au « spectacle », accompagné de musique hindi, du bruit des cloches agitées lors des prières et les chants de la population.

 

Les crémations 

Au bord du Gange, on estime à plus de 400 le nombre de crémations quotidiennes, il est possible d'en voir 24h/24. Il existe un véritable rituel auquel se livrent les familles des défunts. Une cérémonie qu'il est strictement interdit de photographier, mais à laquelle il est tout de même possible d'assister.  Si venir voir une incinération peut paraître étrange, déplacé ou voyeur pour un occidental, ici les hindous n'y voient aucun inconvénient. Ils estiment qu'il est logique qu'un étranger s'intéresse et veuille apprendre leur culture. Il font preuve d'une grande ouverture d'esprit car on est pas sure qu'aucun occidental apprécierait de voir des touristes se balader à l'enterrement d'un membre de sa famille.

Ici, la crémation d'un mort ne se résume pas à l'allonger sur un tapis roulant, appuyer sur un bouton et ressortir quelques minutes après avec une urne tiède. C'est un rituel sacré et codifié qui demande à la famille une véritable participation. A noter que 5 catégories de personnes considérées comme pures ne sont pas incinérées mais directement jetés au Gange. Il s'agit des enfants de moins de 10 ans, les femmes enceintes, le lépreux, les sâdhus (saint homme) et les victimes de morsures de cobras ainsi que tous les animaux. Toute crémation commence par un bain dans le fleuve. La famille plonge le corps du défunt drapé et recouvert de fleurs dans le Gange puis le laisse sécher. Des personnes préparent ensuite le bûcher (de 200 kilos à 250 roupies le kilo (3,5€), une véritable fortune pour de nombreuses familles. Bon nombre d'entre elles n'arrivent d'ailleurs pas à se procurer la quantité de bois suffisante pour alimenter le feu pendant les trois heures que dure la crémation et sont donc obligées de rejeter des parties entières du corps du défunt dans le Gange.

Pendant que le bûcher est mis en place, le fils aîné, l'oncle ou le frère du défunt doit se préparer d'une manière bien particulière car son rôle est très important et plutôt dur... Tout d'abord il doit s'habiller en blanc. Il rase ensuite ses cheveux, sa moustache et/ou sa barbe. Il ne garde qu'une toute petite mèche derrière le crâne. Puis, le corps est délicatement placé sur les bûches. Il entame alors cinq à dix tours autour du défunt en récitant des prières. D'autres membres de la famille sont présents et déposent des offrandes sur le corps du défunt. Ce n'est qu'après tous ces rituels que l'homme de la famille embrase le bûcher à l'aide du « feu qui ne s'arrête jamais », le Maha Shmashan Puri. Un feu sacré entretenu depuis 3 500 ans, (Varanasi étant l'une des plus anciennes villes du monde). De jour comme de nuit, une famille se relais afin que le feu éternel ne s'éteigne jamais. Aucune odeur ne se dégage des corps en combustion. Simplement beaucoup de fumée et une intense chaleur lorsque l'on est à proximité. Ce qu'il reste du corps est enfin plongé dans le Gange où, rappelons-le, des dizaines de milliers d'Indiens se lavent et font leur lessive tous les matins et boivent son eau. Un risque sanitaire dont beaucoup se moquent tant ils sont convaincus que les eaux du fleuve sacré les protègent de tout. Un paradoxe et un désastre qui résume à lui seul la complexité et la beauté de l'Inde. Car pour vous donner une idée, on considère qu'une eau est saine pour la baignade si elle contient moins de 500 bactéries coliformes fécales par litre. Ici il y en a 1,5 millions !!!!

Personne ne pleure, et on nous explique qu'il ne faut pas pleurer lors de la crémation car cela dérange l'esprit du mort. La tristesse s'exprimera donc ensuite, en privé. C'est pour cette raison que nous voyons uniquement des hommes sur les lieux de crémations. Les femmes trop sensibles ne supporteraient pas d'y assister. Les cendres seront jetées dans le Gange. Au passage, des personnes récupèrent les éventuels bijoux qui pourraient s'y trouver...  

 

Nous, au milieu de tous cela

On ne vous cache pas que ces crémations sont très impressionnantes pour nous... Il s'y passe tellement de choses. On s'est installé à plusieurs reprises devant ces grands buchers. Discrets et silencieux nous avons observé et essayer de comprendre à quoi on assistait. Nous avions devant nous des corps en train de bruler. Nous avons assisté à des images assez choquantes... parfois des membres cèdent sous la chaleur et on voit alors la personne qui s'occupe du feu ramasser une jambe, un bras et le jeter dans les flammes. On a vu un bateau s'éloigner de quelques mètres de la rive et jeter par-dessus bord un corps « pur » dans les eaux du Gange. Les vaches se baladent au milieu des buchers et mangent les fleurs déposées sur le corps des défunts, les chiens eux finissent les restent des corps. Des petits enfants se réunissent autour d'un bucher et récupère les quelques buches encore embrasés après la crémation qui serviront à préparer le repas du soir. D'autres chahutent à quelques mètres des flammes ou jouent au cerf-volant...

Mais bien que ces images puissent paraitre choquantes, l'atmosphère qu'il règne sur ces lieux de crémation est sereine et captivante.

 

Nos belles rencontres

Quand on parle de belles rencontres en Inde, comprenez par là un échange qui ne soit pas motivé par l'argent. Une conversation honnête et spontanée qui ne va pas finir par une réclamation quelconque. Une rencontre authentique est quelque chose de précieux, surtout pour nous qui ne voyageons presque que pour ça. Chaque jours nous avons discuté avec des locaux, des pèlerins, des étudiants. Tous ont pris plaisir à nous apprendre quelques choses sur leur culture et leurs traditions. Nous sommes restés des heures à bavarder de tout et de rien devant les immenses buchers. Mais deux rencontres se sont démarquées du lot.

Nous avons fait la connaissance d'un jeune indien de Varanasi. Depuis sa tendre enfance il a pris l'habitude de venir assister quotidiennement aux crémations. C'est pour lui une chance inestimable d'habiter cette ville. Il aime venir ici pour se recueillir, retrouver ses amis, pour méditer mais aussi pour partager ses connaissances sur la culture hindou avec les touristes. Nous avons eu la chance de tomber sur lui. Il nous a tout expliquer du déroulement des crémations. Sachant que nous ne sommes pas habitués à assister à de telle chose en France il a veiller à ce que l'on se sente à l'aise. Afin de ne rien louper des différents rituels il nous a installé sur le toit du bâtiment qui se trouve au pied des crémations. Un endroit qui permet de tout voir sans être vu. Un endroit qui n'est normalement pas accessible mais dont il s'est approprié la place. Perchés à plusieurs mètres de hauteur nous avons donc pu regarder paisiblement la vie qui se déroulait sous nos yeux, juste tous les trois face à ces centaines de personnes. Nous avons adoré ces heures passées en sa compagnie. Il nous a donné gentiment de son temps sans rien attendre en retour. Il nous a aussi proposé de le retrouvé ici, lorsqu'on en aurait envie, alors c'est ce que nous avons fait.

Nous avons également rencontré un conducteur de vélo taxi lors de l'une de nos balades dans le centre de Vârânasî. Ce dernier a insisté longuement pour que l'on prenne place sur la charrette qui tire avec son vélo. Avec beaucoup d'humour il nous a demandé de lui donner sa chance... Et c'est ce qu'on a fait car il nous dit que le resto que l'on cherche déjà depuis un moment se trouve dans un autre quartier. En réalité nous n'étions seulement qu'à quelques mètres, mais comme il est malin, il a fait plusieurs fois le tour du pâté de maison afin de nous faire croire qu'on s'en trouvait assez loin. N'étant pas dupe on lui a fait remarquer et ça l'a fait beaucoup rire. Comme on le trouvait bien sympa on lui a demandé de nous faire faire un tour de la ville et des différents monuments à visiter. On a passé un très bon moment avec lui. Ce moyen de transport est pratique. On se sent au plus proche de la population, car comme le conducteur pédale on va tout doucement, et à la fois on n'est pas arrêté tous les deux mètres par quelqu'un qui veut nous vendre quelque chose. C'est ce même chauffeur qui nous a accompagné à la gare le jour de notre départ. On a tout d'abord hésité, car on trouvait ça abusé qui nous transport à vélo, nous et nos deux gros sacs mais il a encore une fois tellement insisté !! On gardera un très bon souvenir de ce gentil gars, encore étudiant et qui a décidé de ne jamais se marier afin de se consacrer au plus pauvres en reversant tous l'argent qui gagnera à des personnes dans le besoin.

 

Conclusion

Pas la peine d'en rajouté, on pense que vous l'avez bien compris, Varanasi on a Adoré. Son ambiance hors du commun a su nous envouté. On ne serrait mettre des mots exacts sur ce qu'on a vécu et ressenti au milieu de toute cette effervescence mais une chose est sûre c'est que jamais nous ne pourrons oublier ce qu'on a vu et ressenti. On a eu beaucoup de mal à quitter cette ville.

Départ de Varanasi

Le trajet va être long pour attendre notre prochaine destination, Manali dans la partie nord du pays. On doit d'abord prendre un train de nuit jusqu'à Delhi (13 h pour faire 800 km, et pourtant on a pris le "super fast" !!) pour Ensuite faire 12h de plus en bus !! Et la galère c'est que nous devons attendre le bus la journée entière à Delhi avec nos gros sacs à dos. Le trajet risque d'être éprouvant mais cette petite aventure dans notre Grande aventure est assez existante. C'est M. Bicyclette qui a insisté pour nous accompagner à la gare qui se trouve à une bonne demi-heure d'ici. Bon certes on ne peut pas bouger sur sa petite charrette avec nos gros sacs mais le trajet est rythmé et très amusant. Les rues étant pleines de monde nous roulons au pas, ce qui permet au passant, aux conducteurs de nous accoster.

Le train arrive à l'heure. Nous sommes dans un wagon de 8 couchettes : trois couchettes superposées à gauche, trois à droite et deux devant. Jimmy à la couchette du bas, Sandrine celle du haut, il y a donc quelqu'un entre nous. On s'installe confortablement, on regarde chacun un film en tentant de s'endormir tranquillement. Le train est très lent et ne cesse de s'arrêter. Au matin le train stoppe et ne repars plus... On apprend par ci par là que le train précédent avait déraillé, et que le nôtre va faire demi-tour et emprunté un nouvel itinéraire. Apparemment cela pourrait rallonger notre trajet de plusieurs heures... Mais rien ne nous ai dit clairement, personne ne sait exactement...une chose est sûre c'est que ça n'a l'air de perturber personne, tout le monde reste calme et cool. Le trajet durera en réalité 36h !! 36 h pendant lequel on a dû rester coucher car les lits sont trop serrés pour pouvoir s'asseoir sans jamais savoir si on était près d'arriver. Tout aurait été moins compliqué à notre arrivée à Delhi si on avait loupé le bus que nous avions réservé pour la nuit dernière. D'ailleurs en parlant de ça, merci à tous les indiens qui dans le train se sont pliés en quatre pour qu'on puisse se faire rembourser notre ticket de bus en passant plusieurs coups de téléphone. Mais en vain...

Nous arrivons à Delhi vers 10h du matin épuisé par ce trajet... nous devons maintenant trouver une solution pour rejoindre Manali. Les bus et trains sont complets pour plusieurs jours. Nous devons alors nous résigner à nous rendre dans une agence. On est dégoûté car on a l'impression de revivre le même scénario qu'à notre arrivée en Inde. Pas loupé la seule solution reste le taxi, et encore cette fois ci il est hors de prix. On est à deux jour du nouvel an, notre hôtel à Manali est déjà payé... alors après quelques négociations on finit par accepter. Tout en sachant pertinemment que ces "pseudo agences" sont des arnaques à touristes". Mais ces gens sont malins car ils profitent toujours de la faiblesse des gens pour leur soutirer un max d'argent. Et c'est vrai qu'après ce trajet interminable on est certainement plus vulnérables que d'habitude.

 

 

 

 

 


 

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